D'Alembert - De Jaucourt  Non coloréCouleur griseCouleur bleue

 

Jean-Baptiste Le Rond d’Alembert fut abandonné à sa naissance en 1717 sur les marches d’une église par sa mère, la marquise du Tencin, qui tenait un salon réputé et qui n’avait guère envie de s’encombrer d’un enfant illégitime. Son père s’occupa cependant de financer son éducation et ses études. Après des cours de droit et de médecine, il se consacra aux mathématiques et à la physique. Ses travaux sur le calcul différentiel et intégral ainsi que ses développements de la mécanique newtonienne marquèrent l’histoire de ces disciplines. Le libraire Lebreton l’engagea aux côtés de Diderot pour traduire la Cyclopedia de Chambers. Il rédigea le remarquable discours préliminaire du 1er volume de l’Encyclopédie en 1751. Il dirigea l’ouvrage jusqu’en 1759 et fut la cible privilégiée des adversaires du « parti » philosophique. Son article « Genève », sa lutte contre l’absolutisme, son rejet de la métaphysique lui valurent des inimitiés tenaces qui exercèrent sur sa personne une pression insoutenable. Il démissionna, puis revint quelques mois plus tard pour s’occuper des parties traitant des mathématiques et de la physique. Comme souvent à cette époque, l’activité scientifique se doublait d’une réflexion philosophique. D’un athéisme militant, il proposa une morale laïque fondée sur la raison. Il mourut en 1783 en laissant 1341 articles à l’Encyclopédie.
D'Alembert
Issu d’une famille de noblesse ancienne, le chevalier Louis de Jaucourt vit le jour en 1704. Il étudia de tout : de l’histoire à la chimie en passant par la théologie et les beaux-arts… En 1730, il devint docteur après avoir étudié la médecine à Leyde en Hollande.
Ce fut en 1751 que Diderot fit appel à Jaucourt qui commença alors un travail de collaboration assidu. L’Encyclopédie fut donc « relancée » par le chevalier qui sera l’un des collaborateurs les plus fidèles et acharnés. Ses premiers articles parurent dans le deuxième tome publié en 1752. Diderot s’étonnait de sa phénoménale force de travail qui l’amenèrent à signer plus de 14000 articles en 10 ans. Bien que la qualité de certains articles ait été remise en cause, parce qu’il s’agissait essentiellement de compilation, il écrivit tout de même sur des sujets importants comme l’esclavage, la République, la superstition et dans des domaines extrêmement divers comme la physiologie, la chimie, la botanique ou de pathologie. Jaucourt mourut en 1779.
Notice biographique de la Grande Encyclopédie (1885-1902)
«JAUCOURT (Louis, chevalier de), philosophe français, né à Paris en 1704, mort à Compiègne en 1779. Il étudia la théologie à Genève, les sciences exactes et naturelles à Cambridge, la médecine à Leyde où il connut Tronchin. Rentré à Paris en 1736, il vécut dans une société mondaine et philosophique. Il fut l'un des principaux rédac-teurs de l'Encyclopédie, où il écrivait, avec Buffon, les articles scientifiques. Doué d'un grand esprit de modération, il fut plutôt du parti philosophique de Montesquieu que de celui de La Mettrie et de d'Holbach. Les qualités de son caractère lui attirèrent partout l'estime et l'amitié. Il a laissé un grand nombre de mémoires adressés à diverses académies ou sociétés savantes et une Vie de Leibniz, mais pas une grande œuvre. Ce fut un homme d'esprit et de savoir que la renommée ne tenta point.»