La communication théâtrale

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L'esquive

[Les élèves ont vu « L’Esquive », le film de Kechiche lors d’un festival. Sortie en France, janvier 2004 ; en Belgique, mai 2004.

Critiques du film [7]
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[Voir le point 3 ci-dessous]

Krimo, 15 ans, vit dans une cité de la banlieue parisienne.
Il tombe amoureux de Lydia qui...

Il tombe amoureux de Lydia qui, avec ses condisciples, répète « Le jeu de l’amour et du hasard ». Par amour, il essaiera d’y tenir le rôle d’Arlequin.]

1. Dans la pièce d’Anouilh, « La Répétition ou l’amour puni », comme dans le film de Kechiche, des comédiens amateurs répètent une pièce de Marivaux.
Dans les propos (ci-dessous) du Comte, retrouvez le thème du film « L’Esquive », la cause de l’échec de Krimo et une explication de la dernière scène.
- Rédigez à votre tour quelques conseils (deux au moins) que vous adresserez aux personnages du film, comme spectateurs de leur histoire. Au besoin, relisez les textes de Diderot, B. Dort et Claudel.
[Les élèves devront aborder le travail des comédiens et la différence entre le jeu et le réel.]

Anouilh, « La Répétition ou l’amour puni » (1951)

« Le naturel, le vrai, celui du théâtre, est la chose la moins naturelle du monde […]. N’allez pas croire qu’il suffit de retrouver le ton de la vie. D’abord dans la vie le texte est toujours si mauvais ! Nous vivons dans un monde qui a complètement perdu l’usage du point-virgule, nous parlons, tous par phrases inachevées, avec trois petits points sous-entendus, parce que nous ne trouvons jamais le mot juste. Et puis le naturel de la conversations, que les comédiens prétendent retrouver : ces balbutiements, ces hoquets, ces hésitations, ces bavures, ce n’est vraiment pas la peine de réunir cinq ou six cents personnes dans une salle et de leur demander de l’argent pour leur en donner le spectacle. Ils adorent cela, je le sais, ils s’y reconnaissent. Il n’empêche qu’il faut écrire et jouer la comédie mieux qu’eux. C’est joli la vie, mais cela n’a pas de forme. L’art a pour objet de lui en donner une précisément et de faire, par tous les artifices possibles – plus vrai que le vrai. »

2. En lisant la critique du film ci-dessous, soulignez les idées que vous partagez et entourez celles qui appellent, selon vous, une réfutation ou un autre développement.

Sur le papier, L'esquive fait très peur, laissant imaginer le pire dans le genre constat social banlieusard. Surprise : il n'en est rien. Progressivement, le scénario, subtil et fin, évapore les clichés, s'affranchit des comparaisons peu flatteuses et propose une histoire drôle, simple, juste, lumineuse. La gageur de L'esquive est de proposer un marivaudage made in banlieue qui repose sur une multitude d'idées audacieuses. La première consiste à montrer une autre image de la banlieue sans les problèmes sociaux inhérents.
Après une première Faute à Voltaire sur le monde des laissés-pour-compte, Kechiche pose sa caméra dans une banlieue ordinaire et se met à hauteur d'ados pris au cour d'une mise en abîme et d'un vaudeville moderne où la réalité côtoie délicieusement le dérisoire. En filigrane, le cinéaste privilégie ici l'individu par rapport au groupe. Par exemple, le jeune Krimo se met au théâtre par amour et emprunte ce support pour déclarer sa flamme à celle qu'il aime secrètement. Il ne possède pas les mots pour lui dire ce qu'il ressent, de la même façon qu'il a peur de la réaction de ses amis. Incidemment, le film prend la forme d'une belle histoire d'amour entre deux personnages qui, prisonniers de leur condition, ne peuvent pas dire qu'ils s'aiment et dont l'issue de leur relation est inévitable. Cette situation sert de plan final au film.
Cependant, si le cinéaste montre sans démagogie une image de la cité qui va craquer débarrassée de poncifs, son film n'est pas pour autant consensuel : le passage éclair des flics rappelle à quel point les jeunes issus de l'immigration et plus généralement des cités peuvent être parfois victimes des clichés haineux véhiculés par les médias, les réduisant à des délinquants. C'est une réalité que le réalisateur n'a pas eu envie d'éluder sans quoi son récit aurait sans doute été taxé d'angélisme. Mais il y a ici plus d'espoir que d'appel à la révolte : Kechiche a compris que montrer une image plus juste de la banlieue (sans pour autant l'améliorer ni la magnifier) pourra peut-être faire évoluer les mentalités. Beau combat.

Romain Le Vern

 

3. Ecrivez un commentaire (utilisez pour ce faire le lien ci-dessous "Ajouter une critique") en 100 mots selon cette structure (les critiques pertinentes et justifiées seront publiées sur le site) :

« Je partage l’opinion de Romain Le Vern lorsqu’il explique que ------------ . En effet, ----------.
Cependant, je trouve les propos d’Olivier Barlet excessifs (ou faux, imprécis, incomplets, etc.) quand il écrit que ----------. Selon moi,----- ----- . »

[Le site Allocine propose une revue de presse des critiques sur le film et pourrait aussi servir de base pour cet exercice.]

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