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Europalia … Russie … Mathématique …
Trois mots et les élèves de Madame Chantal Randour font
des plans, jettent des ponts entre les disciplines scolaires, entre les
différentes sections, entre le maternel, le primaire et le secondaire,
entre les acteurs pensionnés et actifs de l’Athénée
royal Gatti de Gamond.
Trois mots et la mobilisation s’installe.
Objectif : une exposition !
Préalables : curiosité, ouverture d’esprit, tolérance,
disponibilité.
Et qu’ils aient 2, 4 ou 6 heures de mathématiques, les élèves
se lancent dans des visites réelles et virtuelles, confrontent
leurs idées, demandent des explications plus pointues à
des universitaires, à des ingénieurs, recherchent des fonds,
des objets caractéristiques du pays, et ce n’est pas tout !
Les aînés des classes terminales initient les petits de maternelle
à la fabrication de clochers typiques… et voilà une
leçon de bricolage où l’on se frotte à l’élaboration
de consignes claires et accessibles à un tout jeune public, où
l’on doit adapter son langage, et surtout où l’on réalise
qu’enseigner ne s’improvise pas !
La grandeur du pays, ses espaces enneigés, son climat, tout interpelle.
Le Transsibérien, bien sûr, mais plus simplement la troïka
pour ses déplacements … et une classe de primaire découvre
le folklore et interprète une danse à trois : la Troïka !
Mathématique et chimie … tableau de Mendeleïev

Que
sont ces éléments dans la vie quotidienne ? Chaque
élève expose, explique un élément : il
réalise combien communiquer est complexe, même dans un cours
d’éducation scientifique et technique, d’autant plus
que le professeur de français évalue l’expression
orale…
La peinture russe d’avant-garde ! Une bicyclette et Cabri-géomètre :
de la toile à l’écran d’ordinateur ! Voilà
le visiteur plongé dans la décomposition du mouvement, pressentie
par l’artiste, expliquée par l’ordinateur, rendue accessible
aux élèves par un condisciple !
Quant aux homothéties, les élèves de 3e les découvrent
en jouant à la poupée : les matriochkas leur dévoilent
leur secret mathématique !
Et si vous voulez du rêve, l’Oiseau de Feu et les élèves
de français de 2e secondaire vous emportent…
Point de départ et point de chute identiques : jeter un «Regard
mathématique sur la Russie».
Point d’orgue : l’exposition, projet porteur de sens
et projet fédérateur de la Communauté éducative
de l’Athénée royal Gatti de Gamond !
Nicole
ANTOINE
préfète f.f.
Athénée
royal Gatti de Gamond.
Rue du Marais, 65
1000 BRUXELLES
Le
pluvioscan
Athénée royal Leonardo da Vinci
Des
élèves de 5e en 2004-2005 (actuellement en 6e) sont partis
d’une constatation qui les mènera à Stockholm en 2006 :
l’eau de pluie est la première source d’eau potable
sur terre et son étude quantitative et qualitative est de toute
première importance, aussi bien pour l’agriculture que pour
chacun de nous.
Mesurer la quantité et la qualité de l’eau tombée
du ciel est en effet une préoccupation humaine depuis la nuit des
temps.
Le principe de fonctionnement du pluviomètre traditionnel est simple :
un récipient en forme d’entonnoir dont la surface est connue
(généralement 200 ou 400 cm2), capte l’eau de pluie
qui s’écoule ensuite dans un réservoir où elle
est conservée jusqu’à l’instant de la mesure.
C’est ainsi que, des pluviomètres, il en existe depuis près
de 30 siècles. Seuls les modèles à augets basculeurs,
jusqu’à l’apparition du pluvioscan de l’AR Leonardo
da Vinci, faisaient une acquisition des données en continu.

Un pluviomètre qui mesure aussi la qualité de l’eau…
Dans le cadre du projet E.O.N.S (Earth Observatory Network of Schools)
dont l’ambition est la réalisation d’un réseau
de mesures météorologiques effectuées par des écoles
du monde entier, les élèves de 5e, sous la houlette de leur
professeur de chimie, Julien Peetermans, ont entrepris la réalisation
d’un capteur de pluie « home made » capable
de mesurer, dans un premier temps, les précipitations en temps
réel.
En voulant perfectionner (ne pas devoir vider le godet…) et rendre
plus précis les instruments traditionnels, ils ont rapidement constaté
que leur appareil notait des variations dans le comptage des précipitations
récoltées dans un entonnoir et redistribuées goutte
à goutte. Ils se sont donc demandé si les électrodes
n’enregistraient pas des différences en fonction de la résistivité
de l’eau et de l’air.
Très vite, il leur est dès lors apparu que ce capteur d’une
précision extrême allait aussi pouvoir renseigner sur la
qualité de l’eau de pluie dont chacun sait que la conductivité
dépend de la concentration ionique.
Les données, acquises sur PC, étaient automatiquement exploitées
dans un tableur type Excel favorisant une analyse rapide des données
et de transfert d’informations, comme prévu dans le projet
E.O.N.S.
Le
pluvioscan est donc un appareil de mesure original capable de mesurer
la quantité et la qualité d’une eau de pluie en temps
réel, pour un coût très raisonnable, ce qui est cohérent
avec les objectifs de l’enseignement…
D’après les concepteurs, les applications du pluvioscan ne
se limiteront pas au monde agricole, mais pourront s’étendre
en météorologie, en écologie et pourquoi pas en géologie
où le système pourrait, par exemple, être utilisé
pour mesurer et expliquer la formation plus ou moins rapide des stalactites.
Les premières mesures ont permis d’établir que la
précision du pluvioscan dans les mesures pluviométriques
est dix fois supérieure à celle des appareils actuels. De
plus le pluvioscan a permis de différencier significativement les
qualités de différentes eaux de pluie… et les élèves
sont même allés jusqu’à analyser la qualité
d’eaux minérales, d’eau du robinet et d’eau distillée...
Mais encore…
Le projet a été mis en route pendant l’année
scolaire 2004-2005 et présenté à l’Expo-Sciences,
du 27 au 29 avril 2005, où il n’a guère rencontré
de succès (64e place)… si ce n’est que Monsieur Michel
Kruglanski, sélectionneur pour l’Expo européenne des
Sciences, a proposé de participer aux éliminatoires qui
s’organisaient en deux étapes : présentation d’un
rapport pour le 6 septembre 2005 et défense orale par les élèves
le 17 décembre 2005.
Cette
proposition a mobilisé bien évidemment élèves
et professeurs (Monsieur Julien Peetermans, ainsi que Mesdames Catherine
Donnet, Laurence Grenez, Marjorie Lejeune et Saranda Shehu) qui n’ont
pas manqué de passer une partie de leurs grandes vacances à
étendre leurs investigations d’une part, à peaufiner
ledit rapport d’autre part !
Et le résultat est là : ils (les élèves
seuls !) sont sélectionnés pour présenter leur
pluvioscan à Stockholm, à l’Expo européenne
des Sciences entre le 18 et le 24 septembre 2006.
Quid ?
Vous trouverez ci-après des extraits du rapport présenté
par les élèves Brahim Nadia, Hkecha Latifa et Bukuru
Fernand aidés par Lydia Nishimwe et Ismahane Moulaï.

A
noter qu’ils ont créé une nouvelle unité découverte
grâce à leur invention : le Vinci
Je les remercie pour le remarquable travail accompli, sans oublier leur
professeur, Julien Peetermans.
Je me dois aussi de féliciter dès maintenant toute la Communauté
éducative de l’Athénée royal Leonardo da Vinci
en la personne de son Préfet, Monsieur Alain Faure.
Et je souhaite plein succès à Stockholm à nos jeunes
inventeurs…
Francis
SCHIEPERS
chargé de mission
Athénée
royal Leonardo da Vinci
Rue Chômé Wyns, 5
1070 Anderlecht
Extraits
du rapport
Nos objectifs initiaux
La réalisation d’un pluviomètre basique est d’une
grande simplicité, mais nous voulions que le nôtre soit autonome
(sans vidange) et que l’acquisition des données soit automatique
et informatisée.
L’eau s’écoulant en continu, il était primordial
d’ajouter une cellule capable de compter le volume d’eau qui
la traverse. L’idée nous est venue de faire passer l’eau
goutte-à-goutte à travers deux électrodes de platine
disposées comme des droites gauches, aux bornes desquelles on mesurerait
la conductivité. L’air n’ayant pas la même conductivité
que l’eau on devait pouvoir identifier les gouttes.
Dans un premier temps, nous avons utilisé un multimètre
pour tester notre hypothèse. Le résultat fut concluant à
l’exception de la fréquence des mesures qui ne permettait
pas toujours de capter la goutte qui tombe.
Nous nous sommes tournés vers l’Institut d’Aéronomie
Spatiale de Belgique qui nous a généreusement prêté
un acquisiteur de données (LabJack U12) dont la fréquence
d’acquisition est largement suffisante et dont les mesures peuvent
directement être exportées dans un tableur Excel via une
programmation VBA.
(…)
Ont été testées :
Différentes dilutions (de 10 en 10) d’acide sulfurique (de
0,005M à 0,0000005M)
Trois eaux de pluie relevées à trois endroits différents :
À St Gilles (Agglomération dense)
À Anderlecht (Agglomération dense contiguë a St Gilles)
À Ninove (Petite agglomération)
À St Pierre (Petite agglomération)
Plusieurs eaux de pluie du même endroit mais de récoltes
différentes
Une eau de pluie à différentes températures (de 10°C
à 25°C).
On été utilisées :
comme contrôle négatif : de l’eau distillée
;
comme contrôle positif : de l’eau du robinet (St Gilles).
Mesure de différentes eaux :

(…)
le pluvioscan peut parfaitement distinguer différentes qualités
d’eau, de l’eau distillée jusqu’à l’eau
du robinet (sensiblement chargée en ions).
Il est à constater également que différentes pluies
ont des puretés variables et mesurables. Les pluies les plus chargées
étant celles des agglomérations plus denses.
On notera au passage, l’eau « de source »
Cristaline qui n’est pas loin d’être de l’eau
du robinet.
(…)
Conclusion
De toute évidence, l’appareil de mesure que nous avons mis
au point en une année seulement, s’avère être
intéressant à plus d’un titre. Il apporte une nouvelle
dimension à l’étude des précipitations en analysant
avec une grande précision, non seulement la quantité, mais
aussi et surtout la qualité de l’eau de pluie avec des répercussions
en climatologie, en agriculture et en écologie.
Nous avons montré que le pluvioscan est capable de mesurer précisément
le volume de précipitations, et de distinguer différentes
eaux de pluie. Son coût relativement modeste et sa simplicité
de réalisation le rendent accessible au plus grand nombre, y compris
au niveau du projet de départ, à savoir le projet E.O.N.S.
Il est possible de compléter le dispositif en y incluant une sonde
de température pour corriger les variations de conductivité
qu’elle induit. Une électrode de verre dans l’eau collectée
pourrait affiner l’analyse chimique de l’eau en permettant
de différencier les ions hydroniums des autres ions. Ces modifications
sont actuellement à l’étude.

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