Expression artistique

Y a pas d'«lez Arts»
Enseignement spécialisé primaire et secondaire de Marloie

Marloie expose à Rochefort

C’est dans la galerie Esquisse à Rochefort que l’école d’enseignement spécialisé primaire et secondaire de Marloie organisait le vernissage de son exposition le 9 juin 2006.

L’année précédente, les œuvres réalisées servaient à décorer le centre PMS spécialisé repeint à neuf (voir Nouvelles de l’observatoire numéro 54, Le CPMS au service de l’école ou l’école au service du CPMS ?).
Comme le souligne, madame l’Inspectrice Vanham, dans son discours d’inauguration, c’est le bonheur qu’ont éprouvé les jeunes de toutes les formes d’enseignement à plonger dans l’aventure et découvrir leurs œuvres accrochées aux cimaises qui a fait naitre le désir de continuer l’expérience et l’exporter en d’autres lieux.

Elle rendra hommage à madame Leurquin, professeur d’arts plastiques, une des instigatrices du travail, malheureusement empêchée par une longue et pénible maladie.

Mesdames Humblet, Dumont et Spoden ont pris la relève. Le travail s’est articulé autour d’œuvres de Dubuffet, Picasso, Miro, Nicky Saint Phale ou plus proche de nous, celui d’un artiste comme Jean Rock Focant que les jeunes sont venus admirer tout en apprenant à regarder et analyser les œuvres.

L’observation du travail de ces artistes a permis à l’imaginaire des élèves de rester libre et d’avoir un langage qui ne les enferme pas dans un univers strict. C’est un monde de couleurs, de lignes et de formes qui a sollicité leur créativité.

Ils ont abordé diverses techniques, poursuit madame Vanham, afin de prendre conscience que l’œuvre qui est née de leur imaginaire est le mélange de la maitrise d’un outil, d’un matériau et d’une idée. Ils ont aussi appris spontanément, sans formalisme, à découvrir et apprécier d’autres moyens d’expression que le leur.

Grâce à cette exposition, on substitue la couleur à la grisaille, on découvre le savoir-faire des jeunes et on voit qu’ils peuvent s’impliquer dans un projet et le mener jusqu’au bout. Les élèves sont fiers de leurs travaux et de les voir exposés. Ils sont heureux de venir à l’école.

La variété des travaux réalisés et la richesse des techniques utilisées, sculptures, peintures sur différents supports, céramiques, montrent avec éclat la vitalité de l’enseignement spécialisé.

Madame l’Inspectrice Vanham termine en félicitant tous les participants au projet, les professeurs, les élèves et souhaite aux invités une bonne découverte du talent original des artistes.

Les œuvres des artistes

L’exposition est, en effet, très colorée et très variée en matière de techniques et de supports.
Ici des aquarelles, là des travaux en patchwork de taches et jeux de couleurs, remplissent l’espace sur des toiles, des collages en bois ou des bobines géantes.
écolines, pastels et impressions en relief rivalisent avec les bas-reliefs en bloc Ytong irisés de tons tendres.

Des scènes africaines en acrylique, dans des tons orange et bleus, découpent des girafes et lions sur fond de ciel, de quoi attraper le blues.
Par-ci par-là, des personnages venus d’un autre monde, sont habillés de toile de jute. Du matériel de récupération, hautement coloré, s’empile harmonieusement en totems incontournables.
La craie, le fusain mais aussi les marqueurs et les crayons jouent les rencontres du 3e type.
Des miroirs de rêve posent la question «qui est la plus belle ?»
Des carillons et des horloges à la Walt Disney décorent les dessus de portes en sonnant une heure décalée.La gouache sur papier de soie donne des effets étonnants ainsi que la pyrogravure et le travail du plexi et du bois. Des autoportraits en papier collé regardent dans les yeux des visages au fusain.

A travers les différentes salles, dédales d’escaliers et de coins, on ressent un projet où chaque secteur a sa place, où une équipe éducative au grand complet a collaboré. Bien entendu, l’exposition grouillait de lézards de toutes tailles, toutes couleurs et relevant le plus souvent de la plus haute fantaisie.

Cocktails et zakouski

Les élèves du secteur cuisine assuraient un service impeccable parmi les nombreux invités. Un recueil de textes et poèmes réalisés dans le cadre d’ateliers d’écriture fut offert aux participants.
Il reprend quelques œuvres et les textes «coups de cœur» qui s’y rapportent. Une quinzaine d’élèves ont ainsi pu apporter leur contribution dans une autre forme de l’art.

En guise de conclusion, je terminerai avec le texte de Sophie.

Dans ma prison
J’étouffe, je voudrais respirer. Il n’y a personne qui me comprend.
Je voudrais qu’on me sorte de là pour voir la vie autrement.
Je n’ai plus de cœur ;
Dans ma prison, il n’y a pas de je t’aime, il n’y a que des trous noirs.
Dans ma prison, je suis rejeté.
Si j’avais un ami :
Si j’étais une fleur, il serait les pétales.
Si j’étais le soleil, il serait mes rayons.
Si j’étais un oiseau, il serait mon plumage.
Si j’étais un arbre, il serait mes branches.
Si j’étais une galaxie, il serait mes étoiles.
Si j’étais un ange, il serait mes ailes pour m’envoler de ma prison.
Mon ami, sors moi de là !!!!
Il parait que la vie est plus belle loin de ses barreaux.

Thérèse SIMON
chargée de mission

Avec l’aimable collaboration
de Madame Vanham, inspectrice.

E.E.S.P.C.F. Marloie
Rue Mionvaux, 35
6900 MARLOIE

E.E.S.S.C.F. Marloie
Rue Mionvaux, 5 N
6900 MARLOIE


Exposition à l’Hôtel de ville de Chièvres
Enseignement secondaire spécialisé de Chièvres
en collaboration avec Enseignement primaire spécialisé
de Lessines, Mons, Beloeil et Kain.

 

Animal : respect ou convoitise


Comme le souligne madame l’Inspectrice Vanham, dans son discours d’inauguration, le projet a démarré avec la participation des élèves de l’enseignement de type 4 (problèmes moteurs) du «Trèfle», établissement secondaire spécialisé de Chièvres, au concours de la Journée européenne des écoles, et, à l’obtention d’un prix qui a permis à la classe de visiter le parc Paradisio. Ayant pris conscience de la nécessité de la biodiversité, du respect de la nature et de la protection animale, le thème fut rapidement trouvé : animal, respect ou convoitise. Sentir, toucher, voir et entendre, observer, comprendre et créer, garder notre planète vivante dans le respect des animaux seront la ligne de conduite pour cette exposition qui se voudra extra-muros.

Encadrée par l’équipe des enseignants et du personnel paramédical, madame Juvenois, professeur d’arts plastiques, est la principale cheville ouvrière du projet. Très rapidement, elle organise l’essaimage de celui-ci en invitant d’autres écoles à y participer. Les écoles spécialisées primaires de Lessines, Mons, Beloeil et Kain répondront avec grand enthousiame.

Madame Juvenois part de premiers constats :

  • les réalisations des élèves sont toujours très appréciées par les visiteurs qui se présentent à l’école.
  • Les élèves sont fiers de présenter leurs créations lors des diverses fêtes scolaires
  • Bien des personnes à mobilité réduite et physiquement handicapées voient leurs œuvres mises en valeur : réalisations de cartes postales, expositions, prix lors de participation à des concours…

Elle est persuadée que les élèves sont capables de vivre leurs apprentissages plutôt que de les subir, elle les sent prêts à valoriser leurs créations par une exposition organisée à l’Hôtel de Ville de Chièvres. La grande classe pour les élèves !

Les premières questions se posent : « Avons-nous suffisamment confiance en nous pour présenter un tel sujet et mettre nos œuvres en valeur ?
Connaissons-nous la gamme des techniques nécessaires pour concrétiser nos idées ? »

Très rapidement le travail se planifie :

  • rédiger du courrier pour réserver la salle
  • prévoir les locaux pour créer les œuvres (peintures, sculptures, techniques mixtes…)
  • rechercher un parrain
    - organiser les actions des différents intervenants
  • préparer les visites : musées, bibliothèques, S.P.A.
  • rassembler le matériel disponible
  • créer les affiches et les invitations
    - présenter les œuvres dans un catalogue : titres et commentaires
  • planifier les réunions de concertation
  • mettre en place l’exposition
  • gérer le vernissage.

Les recherches donnent au projet une ampleur scientifique inattendue :

  • référentiel des animaux en voie de disparition
  • visite des maitres-chiens pour personnes malvoyantes
  • conscientisation du problème de l’abandon
  • prise de contact avec différentes organisations : Gaïa, WWF, Ethologia, S.P.A.
  • relevés d’informations au sujet de la fourrure, des batteries de volailles, d’expérimentations animales, corridas et combats de coqs
  • analyse de la déclaration des droits des animaux
  • visualisation des émissions télévisées du jardin extraordinaire
  • safari de photos.

Et cerise sur le gâteau, monsieur André Buzin, peintre animalier, accepte non seulement de nous parrainer mais participe activement à l’exposition.
Les adolescents sont amenés à s’épanouir en s’exprimant et en développant leur imaginaire. Ils établissent des relations positives au sein des différents ateliers. Utilisant plusieurs plans de travail (chevalet, table à dessin…), ils sont amenés à prendre conscience de leur corps et de ses possibilités d’agir.

Le pari est gagné. De tout ce travail, il en résulte une magnifique exposition où le regard est comblé et ne sait où se poser tant les œuvres sont multiples et de haute qualité. Plusieurs trouvent d’ailleurs rapidement amateurs.

Animaux de la jungle ou de chez nous, insectes ou grands carnivores, rampants ou volants, le chatoiement des couleurs est un régal pour l’œil. Les représentations des animaux sont remarquablement précises jusque dans les détails. Certains lions semblent prêts à sortir de leur cadre et j’ai bien envie de caresser les ours.

Cette exposition est la résultante d’un travail planifié et réfléchi, ajoutera madame Vanham, l’occasion d’apprentissages de nouvelles techniques et de nombreuses actions dans les domaines les plus divers.

Je reprendrai ici quelques extraits du discours de madame Terrasse, Echevine de la Culture, en rapport direct avec le sujet de l’exposition :
«Pour vous, chers élèves, ayant réalisé le nombre d’expressions existantes concernant nos amis les animaux, j’ai trempé une plume dans mon imaginaire et vous propose ceci :
J’ai un petit copain de 15 ans qui est gai comme un pinson et qui chante comme un rossignol. Malheureusement, son frère est rapide comme un lièvre, il est aussi têtu qu’un âne. Leur père, un drôle de zèbre, rusé comme un renard, devait un jour se rendre au mariage d’une cousine. Fier comme un paon qui fait la roue, il avait revêtu son habit à queue d’aronde surmonté d’un très beau nœud papillon. Son épouse, envieuse comme un chaton, lui dit : «ce que tu es chouette !», puis retourna bavarder avec son amie qui jacassait comme une pie. Mon petit copain de 15 ans, malin comme un singe et doux comme un agneau, m’a fait le récit de cette journée où se sont unis les deux tourtereaux. Mais, je ne ferai pas l’autruche et vous dirai simplement, que n’ayant pas une mémoire d’éléphant, j’ai oublié la suite. Ce que je sais en tout cas, c’est qu’ils furent heureux comme des poissons dans l’eau.»

Elle termine en félicitant les talentueux élèves et les remercie d’avoir fait entrer le bonheur et un petit air de printemps dans la maison communale.

 

Thérèse SIMON
chargée de mission

Avec l’aimable collaboration de
Madame Vanham, inspectrice
Madame Juvenois, professeur d’arts plastiques


Quand la musique s’expose
Enseignement secondaire spécialisé de Quaregnon

Inauguration en grandes pompes

Dans le cadre du projet « Culture-Enseignement », initié par Monsieur Ingberg, Secrétaire général du Ministère de la Communauté française de Belgique, avec la collaboration active de la Maison de la Culture de Quaregnon et de monsieur Domenico Curcio, animateur culturel, musicien-compositeur et infographiste, les élèves des classes de forme 2 et de forme 3 de l’enseignement secondaire spécialisé de Quaregnon ont présenté avec leurs professeurs madame Lux et monsieur Bouchez, des créations sonores un peu bizarres. Le vernissage se passait à la galerie Koma, au pied du beffroi de Mons, le vendredi 02 juin 2006, devant un parterre impressionnant de personnalités.

 

Fabrique-moi un tambour que je te joue du violon

Telle était la dénomination d’une exposition déjantée dans tous les sens du terme. Des instruments les plus bizarres s’y cotoyaient, fabriqués avec du matériel de récupération qui avait perdu toutes notions de son usage premier.
Voyons plutôt.
De grands tonneaux en carton étirés sur leur hauteur servaient de caisses de résonance à des câbles de vélo plus ou moins tendus.
Du fil tendu entre deux bois joliment installés faisait office de harpe.

Des bâtons de pluie de différentes tailles donnaient des sons variés et inattendus selon leur composition de graines ou de riz ou de… mystère!
Des arbres à sons emplissaient les coins avec soit leur bruit de coquillages, coquilles de moules et d’huitres richement décorées, soit coquilles d’escargots, galets, petit matériel en verre ou noix.
Les roues à plumes et à grelots ne reverraient pas de sitôt leur vélo.
Le caoutchouc d’une chambre à air faisait d’un pushing ball un instrument inattendu.
Un vieux tourne-disque jouait au manège pour violoncelles en papier. Surmonté d’une lampe de chevet, il rythmait inlassablement le temps qui passe avec sa tige métallique et ses suspensions à boulons.
Il pouvait bien entendu fonctionner en 33 tours ou en 45 tours selon l’amateur.

 

Tambours de machines à laver et tiges métalliques faisaient frissonner sous des effets de craies crissant sur le tableau. De nombreuses tiges à maracasses attendaient d’être secouées et tournées dans tous les sens.
Des futs à circuits découpés dans les couvercles permettaient d’exercer sa psychomotricité en se défoulant sur des rythmes endiablés.

Des batteries de pots répercutaient leur sonorité dans tout le bâtiment.
Dans un même temps des œuvres étaient exposées aux murs : violoncelles devenus corps de femmes, collages de papiers inspirés de Man Ray, artiste photographe précurseur de la photo solarisée, le premier à avoir utilisé la photo de façon détournée. Cubisme de papiers déchirés et collés à la façon de Picasso, rivalisait avec les découpages inspirés de Hockney. Des calligrammes classiques étaient détournés sur le thème de la musique. Un des objectifs visait «de la trace à l’écriture». Des textes du plus sérieux au plus comiques complétaient l’ensemble.

 


Un succès fou

Durant toute l’exposition, les instruments de musique connurent un succès fou, bien mérité, faut-il le souligner ? Chacun réagissait à sa façon mais, comme ce fut le cas pour les élèves, toujours sur les 3 mêmes temps :
- découverte et recherche anarchique
- trouvaille personnelle
- tentative d’harmonisation.

 

Les instruments pourtant nombreux étaient utilisés sans interruption. Des enfants mais aussi des adultes s’amusaient à la découverte de nouvelles sonorités. Chacun se défoulait sans scrupules, le matériel, conçu pour être manipulé, malmené, bousculé étant d’une solidité à toute épreuve.

 

Bien tard dans la soirée, des personnes attendaient encore leur tour pour s’exprimer musicalement. Bercé dans un joyeux brouhaha où la musique fusait à la façon d’un feu d’artifice, personne ne semblait se décider à quitter la galerie.Il reste à souligner les activités des élèves du secteur hôtellerie-alimentation qui avaient préparé de délicieux zakouskis. Dans leurs plus beaux atours, ils ont servi leurs hôtes jusque bien tard dans la soirée en gardant de larges sourires. Merci à eux pour ce service impeccable.

Ingrédients de réussite

L’action de monsieur Curcio est à souligner pour son haut professionnalisme. Il en reste cependant très modeste.
De décembre à juin, il est venu tous les 15 jours à raison d’une demi-journée, collaborer avec l’équipe éducative et travailler avec les jeunes.
L’objectif était de créer le panel le plus large possible d’instruments à cordes et à percussions.
Comme il se plait à le souligner, monsieur Curcio affirme que les instruments insolites donnent une ambiance au-delà des notes. «Ils sont créateurs d’atmosphère d’ambiance», ajoute-t-il. «Les faits l’ont clairement prouvé.»

Lorsque tous les instruments ont été prêts, construits et décorés, les élèves sont parvenus à une harmonisation suffisante pour créer un CD.
Félicitations aux élèves, à leurs professeurs et à monsieur Curcio, homme orchestre et merci pour cette agréable soirée vraiment originale.

Coordonnées à retenir :
Domenico Curcio
Musicien, compositeur, infographiste
www.domusic.org
info@domusic.org
Téléphone : 0486 605 652

Thérèse SIMON
chargée de mission

Avec l’aimable collaboration de
Madame l’inspectrice Vanham
E.E.S.P.S.C.F. Quaregnon
Rue du Plat Rié, 345
7350 QUAREGNON